Seul·e, à deux ou à plusieurs, les sextoys accompagnent de nombreuses façons de vivre sa sexualité. Élise Virolleaud revient sur les bons réflexes à connaître pour concilier plaisir, partage et prévention des IST.
Les sextoys sont des accessoires destinés à accroître le plaisir sexuel. Ils ont, depuis longtemps, trouvé leur place dans nos vies intimes qu’importe notre orientation sexuelle, que ce soit seul-e, en couple ou à plusieurs. Mais un objet qui circule entre différents corps peut aussi faire circuler certaines infections sexuellement transmissibles. Quelques réflexes simples suffisent à profiter pleinement de ses sextoys en réduisant les risques.
Il est important de souligner que la littérature scientifique portant spécifiquement sur la transmission d’IST via les sextoys reste limitée. Très peu d’études cliniques et scientifiques existent sur ce sujet, contrairement à d’autres modes de transmission plus étudiés. Les recommandations de cet article s’appuient donc principalement sur les mécanismes de transmissions déjà connus pour chaque IST plutôt que sur des essais cliniques portant sur l’utilisation de sextoys.
Cette absence de données scientifiques ne signifie pas pour autant que le risque est absent. Elle invite au contraire à une prudence basée sur ce que l’on sait de chaque infection.
Il est important de noter que la transmission des IST se fait par contact entre les fluides et les muqueuses infectées. Selon Sida Info Service, si le sextoy est en contact avec les muqueuses et des sécrétions sexuelles, et qu’il est partagé avec plusieurs personnes, il peut permettre la transmission de certaines IST si une des personnes utilisatrices est porteuse.
Un sextoy en contact direct avec des sécrétions vaginales, du sperme, ou des lésions cutanées ou sur les muqueuses peut transporter les agents infectieux d'une personne à une autre, ou d'un orifice à un autre chez une même personne.
- Le VIH constitue un cas particulier. Sa transmission par le partage d’un sextoy reste possible mais est peu fréquente. En effet, le virus du VIH a une durée de vie très courte voire faible en dehors de l’organisme, ce qui limite le risque de transmission. Comme pour toute autre situation le principe indétectable = intransmissible s’applique ici aussi - lorsque la personne séropositive suit un traitement efficace avec une charge virale indétectable, le risque de transmission par cette voie devient nul. (voir notre article dédié à la PrEP pour plus de détails sur ce principe).
Une étude américaine menée en 2011 auprès de 2 275 hommes séropositifs ayant des rapports sexuels avec des hommes a cherché à établir un lien entre usage de sextoys et prise de risque sexuelle. Aucun lien significatif n’a été établi entre l’utilisation de sextoys et le taux d’IST ou l’usage du préservatif. (Satinsky et al., 2011). Ces résultats sont à nuancer par la spécificité de la population étudiée mais ils démontrent que le sextoy en lui-même n’est pas un facteur de risque supplémentaire, à condition de respecter les bons réflexes.
- L’herpès (HSV-1 et HSV-2) est un virus qui peut survivre sur une surface humide. Un contact avec une lésion active ou une peau ou muqueuse infectée constitue un facteur de risques.
- Le HPV se transmet par un contact direct avec les muqueuses ou la peau infectée.
- La chlamydia et la gonorrhée se transmettent par contact direct avec des sécrétions infectées.
- Le parasite de la trichomonase ne survit que peu de temps en dehors de l’organisme, mais un passage rapide d’un orifice à un autre, ou d’une personne à l’autre reste un vecteur de transmission réel.
Le facteur de risque commun à toutes ces IST n'est pas le sextoy en tant que tel, mais l'absence de barrière (préservatif) ou de nettoyage entre deux usages, deux orifices ou deux partenaires.
Il existe plusieurs types de sextoys, fabriqués avec des matériaux différents, qui induisent des risques différents et des précautions spécifiques. On peut les classer en deux catégories : les matériaux poreux et les matériaux non poreux.
Ces matériaux présentent des micro-cavités où les fluides corporels et les micro-organismes peuvent s'infiltrer. Ces derniers peuvent résister à un nettoyage standard et proliférer. Les sextoys à base de matériaux poreux sont souvent prisés pour leurs sensations réalistes.
- Les sextoys en PVC
- Les sextoys en latex - qui présentent également un risque allergique.
- Les sextoys en élastomère - jelly, caoutchouc, caoutchouc thermoplastique (TPR) et élastomères thermoplastiques (TPE).
Ces matériaux présentent une surface lisse et dense, sans micro-cavités ce qui réduit le risque d'infiltration des agents infectieux. Ils se nettoient efficacement à l’eau et au savon doux et certains peuvent être stérilisés , ce qui réduit le risque de prolifération.
- Les sextoys en silicone médical - hypoallergéniques
- Les sextoys en verre borosilicaté - l’un des matériaux les plus hygiéniques et entièrement stérilisables disponible
- Les sextoys en acier inoxydable
- Les sextoys en ABS plastique
Afin de réduire les risques de transmission des IST il existe des bons réflexes à adopter.
Il est important de protéger le sextoy avec un préservatif externe lors de chaque utilisation. Ce geste permet également de pouvoir utiliser n’importe quel lubrifiant. Rappelons que certains lubrifiants peuvent endommager les sextoys en fonction de la compatibilité des matériaux.
Le choix du lubrifiant dépend en effet du matériau du sextoy et de l'usage d'un préservatif.
- Un lubrifiant à base de silicone dégrade et attaque les sextoys en silicone. Ce contact rend la surface collante et poreuse au fil des utilisations, ce qui abîme le jouet et complique son nettoyage.
- Un lubrifiant à base d'huile fragilise le latex présent dans la majorité des préservatifs, entraînant ainsi un risque de rupture, qu'il s'agisse d'un préservatif posé sur un pénis ou sur un sextoy. Cette incompatibilité ne dépend donc pas du matériau du jouet mais de celui du préservatif utilisé.
- Le lubrifiant à base d'eau reste, à ce titre, le choix le plus polyvalent. Il est compatible avec tous les matériaux de sextoys (silicone, verre, inox, ABS...) et avec les préservatifs en latex.
Le préservatif doit être changé entre chaque partenaire et entre chaque orifice (un préservatif par partenaire et par orifice).
Un sextoy doit être dédié par orifice pendant une même séance (pas de partage de sextoys pour plusieurs orifices et partenaires malgré l’utilisation de préservatifs).
Dans un contexte où plusieurs personnes utilisent des sextoys pendant une même session, le risque de transmission croisée augmente avec le nombre de personnes et les potentiels échanges d’objets. Les mêmes conseils de réduction des risques s’appliquent, mais leur application demande davantage de rigueur et d’organisation - stock suffisant de préservatifs pour les changer entre chaque personne et chaque orifice, désigner un sextoy par personne si besoin, prévoir un temps de nettoyage entre les usages si un objet unique circule ou que les sextoys devaient être réutilisés dans une même session.
Un sextoy à usage strictement personnel (jamais partagé) peut se dispenser de préservatif systématique après un nettoyage rigoureux, mais dès qu'il change de main ou d'orifice, les mêmes réflexes que pour n'importe quelle nouvelle rencontre s'appliquent.
Afin de réduire les risques de transmission d’IST il est important d’être vigilant-e à l’hygiène et au
stockage de ses sextoys
.
Il convient de nettoyer précautionneusement son sextoy, en utilisant un produit adapté à son matériau, après chaque utilisation. Il est important de le sécher complètement avant son rangement. L’humidité est, de manière générale, un facteur majeur de la prolifération des bactéries, moisissures et autres germes.
Un stockage dans une pochette individuelle, propre et adaptée permet de garder son sextoy dans les meilleures conditions d’hygiène avant la prochaine utilisation.
Au-delà de réduire les risques de transmission des IST, ces petits gestes accessibles permettent d’optimiser la durée de vie de ses jouets.
Adopter les bons réflexes d'hygiène, c'est aussi bien choisir son sextoy dès le départ, en fonction de son matériau, sa forme et l’usage que l’on veut en faire. Retrouvez tous nos conseils pour vous accompagner dans le choix d’un jouet adapté à vos besoins dans nos guides d'achat.
Ce contenu a été écrit par
Élise VIROLLEAUD
, Infirmière diplômée d’État, sexologue diplômée et médiatrice en santé. Elle accompagne LOVE AND VIBES en apportant un regard sans jugement sur les questions de santé sexuelle.
- NHS. (s. d.). Are sex toys safe?. Consulté le 24/08/2026 sur https://www.nhs.uk/common-health-questions/sexual-health/are-sex-toys-safe/
- Planned Parenthood. (s. d.). Sex toys. Consulté le 24/08/2026 sur https://www.plannedparenthood.org/learn/sex-pleasure-and-sexual-dysfunction/sex-and-pleasure/sex-toys
- Satinsky, S., Rosenberger, J. G., Schick, V., Novak, D. S., & Reece, M. (2011). USA study of sex toy use by HIV-positive men who have sex with other men : implications for sexual health. International Journal Of STD & AIDS, 22(8), 442‑448.