Retrouver une sexualité sécure après un trauma sexuel

Publié le 23 septembre 2026 et mis à jour le 25 septembre 2026 par Louise Paitel
Retrouver une sexualité sécure après un trauma sexuel

Les violences sexuelles peuvent laisser une empreinte durable sur la vie intime, le corps et la relation à soi. Louise Paitel explique les mécanismes du trauma sexuel et partage des repères pour comprendre, apaiser et reconstruire progressivement une sexualité choisie, sécure et épanouissante.

Poursuivre sa vie intime après avoir subi des violences sexuelles, que celles-ci aient eu lieu dans l'enfance ou à l'âge adulte, n'a rien d'une évidence. La sexualité est souvent l'un des territoires où le trauma peut rester actif, même longtemps après l’événement. Mieux comprendre la dissociation, la confusion entre excitation corporelle et désir réel, la manière dont certains fantasmes peuvent être vécus et avoir des outils de régulation face aux reviviscences permettent de désamorcer la honte et l'auto-accusation qui accompagnent souvent ces vécus, et d'ouvrir la voie à une sexualité choisie et apaisée.

Prévalence des violences sexuelles et de leurs effets

Les violences sexuelles vécues avant l'âge de 18 ans concerneraient, sur la base de déclarations rétrospectives, 19,7 % des femmes et 7,9 % des hommes (Pereda, Guilera, Forns, & Gómez-Benito, 2009). Ces chiffres, déjà considérables, restent probablement en-deçà de la réalité car l’amnésie traumatique, la honte ou le secret empêchent parfois la divulgation des faits.

Sur le plan sexuel, un antécédent de violence sexuelle dans l'enfance est associé à un risque significativement accru de dysfonction sexuelle à l'âge adulte, ce risque étant plus marqué chez les femmes que chez les hommes (Wang et al., 2023). Une étude transculturelle menée dans 42 pays auprès de plus de 82 000 participant.es montre des associations significatives entre ces violences et des niveaux élevés de détresse sexuelle et de difficultés de fonctionnement sexuel (Gewirtz-Meydan et al., 2025). Chez des survivantes d'agression sexuelle, les chiffres rapportés sont parfois très élevés : jusqu'à 87 % d'entre elles décrivent une dysfonction sexuelle, avec une baisse du désir et des difficultés concernant l'orgasme (Garneau-Fournier, et al., 2017).

Ces données ne doivent toutefois pas être lues comme une fatalité. Les difficultés les plus fréquentes ne concernent pas l'ensemble des dimensions de la sexualité (Pulverman, Kilimnik & Meston, 2018). De plus, certaines études ne trouvent aucune association significative entre violence sexuelle infantile et bien-être sexuel adulte (Bigras et al., 2021). Cela suggère que c’est l'exposition au trauma sexuel en tant que telle, mais aussi le développement d’un stress post-traumatique, qui ont le plus grand impact sur la fonction sexuelle. Ces constats invitent à normaliser ce que beaucoup de survivant.es vivent en silence, souvent avec un sentiment de honte ou d'anormalité : la sexualité peut porter, des années après les faits, la trace de ce qui a été subi.

Comment le trauma s'inscrit dans la sexualité

Pour comprendre pourquoi une expérience d'abus continue d'influencer la vie sexuelle des années ou des décennies plus tard, il faut revenir à ce que le trauma fait concrètement au psychisme et au corps. Les violences sexuelles durant l'enfance peuvent imposer une « traumatisation sexuelle » : la sexualité de la personne abusée est fortement impactée par l'expérience abusive elle-même, à un âge ou dans un contexte où elle n'a pas les ressources psychiques pour l'intégrer (Finkelhor & Browne, 1985). C'est ce qui explique en grande partie pourquoi la sphère sexuelle devient, précisément, un terrain sur lequel le trauma continue d'exister.

Plus récemment, des chercheurs ont proposé le concept de « sexualité traumatisée » pour décrire la manière dont des symptômes de stress post-traumatique peuvent se réactiver pendant l'activité sexuelle. Six dimensions ont été identifiées comme plus élevées chez les survivant.es que chez les personnes sans antécédent d'abus : la dissociation, les pensées ou souvenirs intrusifs, la honte et la culpabilité, la tendance à privilégier le plaisir du ou de la partenaire au détriment du sien, la détresse interpersonnelle et l'hypervigilance (Gewirtz-Meydan, 2025 ; Willard Martel et al., 2025).

Concrètement, cela signifie que le toucher, la nudité, certaines positions ou certains sons peuvent réactiver, sans que la personne comprenne toujours pourquoi sur le moment, des sensations ou des émotions associées à l'expérience abusive. Les réminiscences échappent au contrôle conscient, ce qui explique pourquoi tant de survivant.es se sentent démuni.es face à leurs propres réactions lors d'activités intimes pourtant choisies et désirées.

"Avec la levée du tabou, du secret et de la honte, de plus en plus de femmes et d’hommes me consultent pour retrouver une sexualité libre et épanouie après des violences sexuelles. Le chemin est parfois long et éprouvant, mais ses résultats redonnent espoir à de nombreux.ses survivant.es de traumas sexuels. Même après un tel événement, il est possible, à tout âge, de se délester de la culpabilité et d’apprendre à retrouver du contrôle et du plaisir dans sa sexualité." - Louise PAITEL, Psychologue clinicienne et sexologue diplômée, chercheuse à l’Université Côte d’Azur de Nice. -

La dissociation : quand le corps et l'esprit se déconnectent

dissociation

Le système nerveux autonome dispose de plusieurs stratégies adaptatives face à la menace et pour survivre, notamment la mobilisation (lutte ou fuite) et l'immobilisation (sidération, figement) (Porges, 2011). À ces deux réponses, la littérature clinique sur le trauma complexe ajoute parfois un troisième registre : l'apaisement de l'agresseur par soumission et hyper-adaptation à ses attentes, parfois désigné comme « le quatrième F » (fawn, aux côtés de fight, flight et freeze) (Walker, 2013). Comprendre que l'incapacité à bouger, à parler ou la soumission apparente pendant l'abus relèvent de réponses neurophysiologiques automatiques et non de mauvais choix ou de faiblesses constitue un puissant levier pour réduire la culpabilité et la honte.

Lors de ces réactions, le stress peut être tel que le corps met en place une autre réaction de survie : la dissociation. Ce processus de protection permet à la personne de se déconnecter de ses pensées, de ses émotions, de ses sensations corporelles et de son sentiment d'identité, en particulier lorsque la situation est vécue comme dangereuse ou insupportable. Le corps peut ainsi « tenir en déni » l’événement, aussi longtemps qu'il en a besoin, et certains souvenirs ou états corporels peuvent réémerger une fois que la personne retrouve une sécurité suffisante (Almås & Benestad, 2021). Cela aide à comprendre pourquoi les souvenirs de l'agression peuvent ressurgir bien après les faits.

Ce mécanisme, qui a permis de survivre à l'abus, peut ensuite rester actif automatiquement dans des contextes sexuels pourtant consentis, des années plus tard. Une étude ayant comparé des femmes avec et sans antécédent de violences sexuelles dans l'enfance a montré que ces dernières rapportaient davantage d'épisodes de dissociation pendant l'activité sexuelle au sein de relations choisies : sentiment d'irréalité, impression d'observer la scène de l'extérieur et engourdissement émotionnel ou sensoriel (Bird, Seehuus, Clifton, & Rellini, 2014). La dissociation pendant l’activité sexuelle ne veut pas dire que la relation actuelle n’est pas vécue comme sécurisante, c’est plutôt l’empreinte traumatique du passé qui continue de s'activer dans le présent.

Distinguer l'excitation traumatique de l'excitation sécure

L'un des nœuds les plus douloureux et les plus mal compris pour de nombreux.ses survivant.es concerne la confusion entre excitation physiologique et désir réel. Il est aujourd'hui bien établi dans la littérature que la réponse génitale (lubrification, érection…) et l'excitation subjective (le sentiment d'être excité.e, d'avoir envie) sont deux systèmes distincts. D’ailleurs, la concordance entre ces deux dimensions est en moyenne faible, et significativement plus faible chez les femmes que chez les hommes (Chivers et al., 2010).

Ce constat a une portée clinique considérable : de nombreuses personnes ont connu, pendant l'abus ou l'agression, une réponse physiologique (lubrification, érection, parfois orgasme) alors qu'elles ne ressentaient ni désir, ni consentement, ni plaisir psychique. Cette réaction, automatique et réflexe, traduit le fait que les tissus génitaux répondent à une stimulation physique indépendamment de ce que vit la personne sur le plan émotionnel. Elle ne constitue donc en aucun cas un indicateur d'adhésion à l'événement.

Sur le plan clinique, on peut ainsi distinguer deux formes de réactions d’excitation. L’excitation d’origine traumatique est activée par la peur, l'hypervigilance ou une paralysie (sidération, figement), souvent associée à un vécu de dissociation ou d'urgence. L’excitation sécure est ancrée dans la confiance, le sentiment de pouvoir dire non à tout moment et la présence physique et psychique à ce qui arrive. Cette distinction passe par un réapprentissage de l'écoute des signaux internes : la respiration se libère-t-elle ou se bloque-t-elle ? Le corps est-il en confiance ou se referme-t-il ? Y a-t-il une sensation de choix continu ? Cela n’est pas forcément aisé de se réapproprier ses sensations, ce qui explique que les difficultés de désir et d'excitation demeurent parmi les plus fréquemment rapportées par les survivantes de violences sexuelles dans l'enfance (Pulverman et al., 2018).

Les fantasmes de mise en scène de violence : une réalité complexe

Un point sensible mais essentiel à aborder sans jugement concerne les fantasmes impliquant une forme de contrainte, de domination-soumission ou de violence. Contrairement à une idée répandue, ces fantasmes sont fréquents dans la population générale, indépendamment de tout antécédent de trauma. Il est essentiel de souligner que la présence de tels fantasmes n'est corrélée ni à un désir réel d'être agressée, ni nécessairement à un antécédent d’agression sexuelle. Selon les études, entre 31 % et 62 % des femmes rapportent avoir déjà eu un fantasme de contrainte sexuelle, et entre 9 % et 17 % rapportent que ce type de fantasme est fréquent (Critelli & Bivona, 2008 ; Bivona & Critelli, 2009).

Les personnes ayant un vécu de violences sexuelles dans l'enfance commencent généralement à avoir des fantasmes sexuels à un âge plus précoce, et les décrivent plus souvent comme intrusifs. La sévérité des violences subies prédit d'ailleurs une tendance à ressentir les fantasmes comme intrusifs, honteux et sans limites. Ces expériences subjectives affectent l'affirmation sexuelle : les fantasmes vécus comme honteux entravent l'initiative sexuelle et les fantasmes intrusifs l'expression de soi et la capacité à refuser ce que l'on ne veut pas (Hasson & Ginzburg, 2025). La manière de vivre ces fantasmes est donc décisive, davantage que leur contenu en tant que tel. En effet, ils sont moins associés à la satisfaction sexuelle lorsqu'ils sont traversés par la confusion, la culpabilité ou des rappels traumatiques (Gewirtz-Meydan & Opuda, 2023).

À l'inverse, ces fantasmes peuvent aussi devenir, pour certain.es survivant.es, une source de résilience et de reprise de pouvoir, à condition d'être vécus comme choisis et clairement séparés de l'abus réel. L’idée n’est absolument pas de rejouer une scène traumatique, mais de pouvoir imaginer un environnement sexuel nouveau et contrôlé, ainsi qu’un rôle actif et sécurisant, avec un.e partenaire de confiance si besoin. Cela peut participer à une réappropriation d’une sexualité autrefois subie et à un empowerment sexuel (Gewirtz-Meydan et al., 2024). Un accompagnement thérapeutique peut être nécessaire si la charge émotionnelle associée à ce travail est trop importante.

La dysfonction sexuelle comme mécanisme de protection

Avant de chercher à restaurer la fonction sexuelle, il est utile de reconnaître que la dysfonction sexuelle elle-même peut avoir rempli, à un moment donné, une fonction protectrice : éviter la re-traumatisation, réguler la proximité relationnelle, retrouver un sentiment de pouvoir et de contrôle ou encore préserver une image de soi rassurante (Gewirtz-Meydan, 2022). Envisager le symptôme sous cet angle change le regard que la personne porte sur elle-même : il ne s'agit plus d'un dysfonctionnement à corriger, mais d'une stratégie de survie intelligente, qui peut être remerciée pour son utilité passée, avant d'être progressivement assouplie.

Réguler le corps et les émotions face aux reviviscences

Les flashbacks, les sensations corporelles intrusives ou les vagues de panique ou de dégoût comptent parmi les manifestations les plus déstabilisantes du trauma dans la sphère sexuelle. Un concept clé issu de la neurobiologie du trauma permet de les comprendre et de les apaiser : la fenêtre de tolérance (Siegel, 1999). Il s'agit d'une zone symbolique dans laquelle une personne peut ressentir des émotions, y compris intenses, tout en restant capable de penser, réagir et rester présente.

Sur le plan pratique, plusieurs outils peuvent aider à revenir dans sa fenêtre de tolérance lorsqu'une reviviscence survient :

  • L'ancrage dans l'ici et maintenant : nommer intérieurement ce qu’on voit/ressent ; comme la couleur d'un tissu, le prénom du ou de la partenaire, le fait d’être adulte aujourd'hui, autant de repères qui réancrent l'attention dans le présent plutôt que dans le souvenir,
  • La respiration ralentie et l'allongement de l'expiration favorisent l'activation du système parasympathique et un retour au calme physiologique,
  • Le contact avec un point d'appui stable (les pieds ou le dos contre un support, le contact de ses propres mains ou du corps du ou de la partenaire), peut restaurer un sentiment de solidité et de réassurance corporelles,
  • La verbalisation des reviviscences et des besoins, par exemple : « Je suis en train de revivre quelque chose de désagréable, j'ai besoin de respirer, peut-on faire une pause ? », participe à la fois à un ancrage relationnel et à une reprise de contrôle actif sur la situation,
  • Lors de reviviscences vécues seul.e, le mouvement volontaire et orienté (se lever, serrer puis relâcher les poings, dire non à voix haute) permet d’acter sur le plan corporel un mouvement de défense face au trauma initial (Ogden, Minton & Pain, 2006).

Ces techniques ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique lorsque les reviviscences sont trop fréquentes ou intenses, mais elles peuvent constituer un premier filet de sécurité, mobilisable seul.e ou avec un.e partenaire averti.e.

Avec le.la partenaire, il peut être utile aussi d’indiquer les zones du corps qui peuvent réagir au toucher d’une façon sécure ou encore difficile (Zoldbrod, 2015) :

Chacun·e dessine simplement, sur une feuille, une silhouette humaine vue de face et de dos. Il ne s’agit pas de savoir dessiner : un schéma sommaire suffit. À l’aide de quatre couleurs, chacun·e indique ensuite comment il ou elle se sent par rapport au toucher sur les différentes parties de son corps :

  • Vert pour les endroits où le contact est généralement bienvenu et agréable.
  • Jaune pour les zones où l’envie d’être touché·e varie selon les circonstances : le moment, l’état émotionnel, la personne, le type de geste ou encore la manière dont le contact est initié.
  • Bleu pour les parties du corps dont le toucher peut être apprécié une fois l’excitation installée, mais pas nécessairement au début d’un rapprochement intime.
  • Rouge pour les zones que l’on ne souhaite pas voir touchées.

Une fois les cartes réalisées, prenez le temps de les découvrir ensemble. L’objectif n’est pas seulement d’identifier des zones par couleur, mais de préciser ce qui peut transformer l’expérience d’un toucher : sa pression, sa durée, le moment où il intervient, la façon de l’annoncer ou encore le contexte dans lequel il a lieu.

Les zones rouges constituent des limites à respecter telles qu’elles sont exprimées. Elles n’appellent ni négociation ni tentative de persuasion. De la même manière, la carte n’est pas figée : les préférences, les sensations et les limites peuvent évoluer, et chacun·e reste libre de modifier ce qui lui convient à tout moment.

Exercice adapté et reformulé à partir de la SexSmart BodyMap© d’Aline Zolbrod¹.

Quelles thérapies pour retrouver une sexualité sécure ?

La bonne nouvelle est qu'il existe des approches thérapeutiques dont l'efficacité est démontrée pour les symptômes de stress post-traumatique et de dépression liée au trauma (O'Doherty et al., 2023).

thérapies

L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) utilise une stimulation bilatérale (mouvements oculaires, tapotements) pendant que la personne évoque le souvenir traumatique, afin de favoriser son intégration dans la mémoire biographique plutôt que sa persistance sous une forme figée et intrusive. Cette approche est recommandée par l'Organisation Mondiale de la Santé dans le traitement du stress post-traumatique (OMS, 2013).

La thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le trauma (TF-CBT) associe quant à elle psychoéducation, techniques de régulation émotionnelle, retraitement progressif du souvenir traumatique et travail sur les croyances associées à l'abus (culpabilité, honte, sentiment de responsabilité). Ces thérapies peuvent être combinées à une sexothérapie proposant certaines techniques, par exemple le Sensate Focus, pour travailler spécifiquement la reconnexion au corps et au plaisir, en parallèle du traitement des symptômes post-traumatiques. Car au niveau thérapeutique, le traitement du trauma seul ne résout pas automatiquement les difficultés sexuelles. Il est conseillé que les symptômes sexuels post-traumatiques soient travaillés spécifiquement en sexothérapie (Gewirtz-Meydan & Lassri, 2023).

Dans ce travail, le ou la soignant.e accorde une attention particulière à la prévisibilité, à la sécurité et au respect, compte tenu de l'histoire de transgression vécue par le.la patient.e (Almås & Benestad, 2021). Les approches sexothérapeutiques proposent ainsi un travail progressif et sécurisant autour du toucher, de la confiance corporelle et de la restauration du sentiment de pouvoir agir dans la sexualité, en insistant sur l'importance de ne jamais forcer une étape et de respecter le rythme de la personne (Zoldbrod, 2015).

Perspectives et limites de la recherche actuelle

Il convient de rester prudent quant à la portée des résultats présentés dans cet article. Les hommes demeurent largement sous-représentés dans la littérature sur le sujet et les associations entre abus et bien-être sexuel dépendent largement de la présence de comorbidités et des échantillons étudiés, certaines études ne trouvant aucune association significative (Bigras et al., 2021). La diversité des profils de sexualité traumatique et des patterns de fantasmes souligne d’ailleurs la nécessité d'approches thérapeutiques individualisées, sensibles au trauma et culturellement adaptées (Willard Martel et al., 2025 ; Gewirtz-Meydan et al., 2025).

Conclusion

Retrouver une sexualité sécure après des violences sexuelles est un travail qui touche à la fois le corps, le système nerveux, les croyances intimes et la relation à l'autre. Ce processus consiste à construire une sexualité où l'excitation n'est plus commandée par la peur, la dissociation ou la honte. Comprendre les mécanismes en jeu permet déjà de désamorcer une part importante de la honte et de la culpabilité qui accompagnent souvent ces vécus. Pour finir, les cinq conditions du modèle C.E.R.T.S., proposé par Wendy Maltz, donnent des repères pour distinguer une sexualité choisie d'une sexualité subie ou automatique :

CONSENTEMENT
ÉGALITÉ
RESPECT
CONFIANCE
SÉCURITÉ
Puis-je choisir librement et confortablement de m’engager ou non dans une activité sexuelle ?
Suis-je capable d’arrêter à tout moment pendant la relation sexuelle ?
Mon sentiment de pouvoir personnel est-il au même niveau que mon partenaire ?
Aucun de nous ne domine l’autre ?
Ai-je une perception positive de moi-même ainsi que de mon partenaire ?
Est-ce que je me sens respecté par mon partenaire ?
Est-ce que je soutiens mon partenaire et suis-je soutenu par mon partenaire ?
Est-ce que je fais confiance à mon partenaire physiquement et émotionnellement ?
Avons-nous une acceptation mutuelle de notre vulnérabilité ainsi qu’une capacité de réagir avec sensibilité ?
Est-ce que je me sens sûr et en sécurité dans le cadre sexuel ?
Suis-je à l’aise et sûr de l’endroit, du moment et de la manière dont l’activité sexuelle se passe ?
Est-ce que je me sens protégé d’une grossesse non désirée ou d’IST ?

Ce contenu a été écrit par Louise PAITEL , Psychologue clinicienne et sexologue diplômée, chercheuse à l’Université Côte d’Azur de Nice. Elle accompagne LOVE AND VIBES en apportant une approche scientifique et bienveillante de la sexualité.

Références

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