Vous frissonnez plus devant un « tu fais ça tellement bien » que devant le dirty talk le plus explicite ? Vous avez peut-être un faible pour le praise kink.
Derrière ce terme très présent sur les réseaux sociaux se cache une mécanique plutôt simple : l'excitation liée aux compliments, aux encouragements et à l'approbation d'un·e partenaire. Mais réduire le praise kink à deux mots murmurés au bon moment serait passer à côté d'une bonne partie de ce qui fait son intérêt.
Pas exactement. Apprécier qu'on vous trouve beau ou belle, sexy ou doué·e est assez banal. Dans le praise kink, ces paroles participent directement à l'excitation.
Un compliment peut porter sur le corps, mais aussi sur une attitude, une réaction ou ce que vous êtes en train de faire : « j’adore quand tu fais ça », « tu es magnifique comme ça », « tu me rends complètement fou/folle »…
Le contexte change aussi beaucoup de choses. Une même phrase peut vous laisser totalement indifférent·e dans la vie quotidienne et avoir un effet très différent lorsqu'elle vient d'une personne qui vous attire, au beau milieu d'un moment intime. Le praise kink peut d'ailleurs exister sans aucune dynamique BDSM ou rapport dominant·e/soumis·e.
En clair, il ne s'agit pas seulement aimer recevoir des compliments : c'est l'approbation elle-même qui devient érotique.
Ce sont probablement les deux expressions les plus associées au praise kink. Au point d'en être presque devenues un cliché.
Sur Reddit, certaines personnes racontent effectivement fondre à la seconde où elles entendent « good girl » ou « good boy ». D'autres trouvent au contraire ces mots beaucoup trop génériques. Dans un fil consacré au sujet, plusieurs internautes expliquent préférer une praise beaucoup plus précise : être félicité·e pour ce qu'iels font, pour la façon dont leur corps réagit ou simplement entendre clairement ce qui plait à l'autre. Et c'est peut-être là que le praise kink devient plus intéressant.
Il y a une différence entre répéter mécaniquement « tu es sage » et remarquer réellement ce qui se passe. « J'adore la façon dont tu réagis quand je touche ici » ne transmet pas la même chose : vous dites à l'autre que vous le ou la regardez, que vous remarquez ses réactions et qu'elles vous plaisent.
Même chose pour le fameux « good boy ». Il n'a rien d'intrinsèquement féminin ou masculin, dominant ou soumis. Des hommes racontent eux aussi apprécier énormément ce type de praise, tandis que certains préfèrent entendre qu'ils sont désirables, qu'ils donnent du plaisir ou qu'on apprécie quelque chose de précis chez eux.
La phrase universelle qui fonctionne sur tout le monde n'existe donc pas. Et c'est plutôt une bonne nouvelle.
Il serait tentant de chercher une grande explication psychologique derrière chaque kink. Manque de compliments pendant l'enfance, besoin de validation, personnalité particulièrement sensible à l'approbation... Les théories ne manquent pas sur internet.
Certaines personnes font elles-mêmes ce rapprochement lorsqu'elles racontent leur expérience. D'autres n'y voient absolument rien de plus profond que quelque chose qui les excite. Un kink n'a pas forcément besoin d'une origine cachée pour exister.
Ce qui revient le plus souvent dans les témoignages, c'est cette impression d'être vu·e.
Votre partenaire remarque ce que vous faites. Il ou elle montre que cela lui plaît. Vous n'avez plus besoin de vous demander si vous vous y prenez bien : sa réaction vous donne directement la réponse.
Dans une dynamique D/s , cette approbation peut prendre encore une autre dimension. Si l'avis de la personne dominante fait partie du jeu, être félicité·e après avoir suivi une consigne ou satisfait une demande peut devenir une véritable récompense. Un collier, des menottes ou d'autres accessoires de bondage peuvent alors renforcer le scénario, mais ils ne sont évidemment pas nécessaires : le praise kink peut parfaitement se jouer uniquement avec les mots.
Et non, praise et dégradation ne s'excluent pas forcément. Certaines personnes aiment l'un, d'autres l'autre, et certaines apprécient les deux selon le moment et la dynamique choisie. Les pratiques sexuelles sont rarement aussi bien rangées que les catégories qu'on leur donne.
Commencez justement par oublier les listes de « 20 phrases à dire à quelqu'un qui a un praise kink ».
Le plus simple reste de partir sur ce que vous ressentez réellement.
Votre partenaire fait quelque chose que vous aimez ? Dites-le. Vous aimez le voir ou la voir dans une certaine position ? Faites-lui savoir. Une réaction vous excite particulièrement ? N'attendez pas la fin pour le mentionner.
La praise fonctionne mieux lorsqu'elle est liée à ce qui est réellement en train de se passer :
- « Oui, exactement comme ça. »
- « J'adore quand tu me regardes comme ça. »
- « Tu me fais tellement d'effet. »
- « J'aime te voir prendre autant de plaisir. »
Et si vous aimez une dynamique plus marquée, la praise peut se glisser dans un jeu de domination, une consigne, un rituel ou une récompense. Les accessoires BDSM, les colliers ou les jeux de bondage peuvent aider à installer cet univers si c’est ce qui vous plaît, mais les mots restent au centre.
Surtout, ne supposez pas qu’une formule appréciée par une personne fonctionnera sur une autre. « Good girl » peut faire fondre quelqu’un et sembler infantilisant à son ou sa partenaire. Certains mots peuvent aussi rappeler des dynamiques ou des surnoms que l’on n’a aucune envie de sexualiser.
Comme toujours avec les kinks, mieux vaut donc savoir ce qui plaît, ce qui ne plaît pas et ce qui mérite d’être testé doucement.
Parce qu’au fond, le praise kink n’est peut-être pas tellement une histoire de « bons mots ». C’est surtout le plaisir d’entendre, au moment où l’on en a envie : je te vois, j’aime ce que tu fais et je veux que tu continues.