Pourquoi certains hommes cherchent-ils à avoir un scrotum beaucoup plus volumineux ? Depuis quelque temps, le mot ballmaxxing circule sur les réseaux sociaux, souvent présenté comme une nouvelle tendance un peu extrême.
Sauf que derrière ce nom très Internet se cache une pratique qui existe depuis bien longtemps : l'inflation scrotale. Et non, il ne s'agit pas réellement de "faire grossir les testicules".
Dans les contenus qui circulent actuellement, le ballmaxxing désigne surtout le fait d'augmenter temporairement le volume du scrotum en injectant un liquide sous la peau. Ce sont donc les tissus du scrotum qui gonflent autour des testicules, et non les testicules eux-même.
Le mot ballmaxxing est récent, dans la lignée de toutes les tendances en "-maxxing" qui promettent de modifier ou d'optimiser une partie du corps. L'inflation scrotale, elle, était déjà connue dans certaines communautés kink et de modification corporelle bien avant son arrivée sur TikTok.
En 2003 déjà, un cas médical décrivait une complication infectieuse après une inflation scrotale au sérum physiologique. Autrement dit, la pratique n'est pas nouvelle : c'est surtout son emballage qui l'est.
La première explication qui revient souvent dans les médias, c'est la recherche de virilité. Mais ce n'est pas forcément ce qui ressort quand on regarde les communautés qui s'intéressent depuis longtemps à ce type de pratique.
Pour certains, c'est avant tout visuel. D'autres aiment la sensation du volume, de lourdeur ou de tension. Et pour d'autres encore, le scrotum en lui-même fait simplement partie de leurs kinks.
On retrouve d'ailleurs des motivations assez proches autour du ball stretching, où certaines personnes recherchent surtout le poids, la traction ou la sensation d'avoir le scrotum plus bas.
Bref, tout ne tourne pas forcément autour de la performance ou de l'idée d'avoir "plus gros". Parfois, on aime juste une sensation ou une esthétique particulière.
Les deux pratiques sont parfois mélangées, alors qu'elles fonctionnent très différemment.
Le ball stretching consiste à exercer une traction externe sur le scrotum à l'aide d'un accessoire, généralement placé au-dessus des testicules. Selon le modèle, on joue surtout avec le poids, la pression ou la sensation d'étirement.
L'inflation scrotale, quant à elle, consiste à injecter une solution sous la peau, une distinction qui a son importance.
Si ce qui vous attire est surtout la sensation de poids ou de traction, vous pouvez retrouver sur LOVE AND VIBES notre sélection de ballstretchers et d'accessoires dédiés aux jeux autour des testicules.
Nos meilleurs ballstretchers
Même lorsqu’on parle de sérum physiologique, une injection réalisée dans cette zone peut entraîner des complications.
Des infections ont déjà été rapportées après une inflation scrotale. Les risques augmentent encore lorsqu’on utilise d’autres substances destinées à rester plus longtemps dans les tissus : inflammation, abcès, lésions cutanées, déformations ou nécrose peuvent survenir, avec parfois une intervention chirurgicale à la clé.
Le côté spectaculaire des vidéos peut donner l’impression qu’il s’agit simplement d’une transformation temporaire du corps. En réalité, une injection dans le scrotum reste un geste invasif.
Après une manipulation de cette zone, une douleur importante, un changement marqué de couleur, un gonflement inhabituel ou des signes d’infection doivent amener à consulter. Une douleur testiculaire brutale et intense relève d’une prise en charge urgente.
C’est peut-être ça, finalement, le plus intéressant avec le ballmaxxing.
Une pratique jusque-là assez confidentielle se retrouve soudain propulsée dans les tendances masculines du moment, avec un nouveau vocabulaire et un public beaucoup plus large.
Le mot change, mais derrière, on retrouve des envies qui ne sont pas nouvelles : jouer avec l'apparence du scrotum, sa sensation de poids, sa position ou simplement avec un kink autour des testicules.
Reste à bien distinguer ce qui relève d’un accessoire externe, comme le ball stretching, de ce qui implique une injection sous la peau. Parce qu’avoir un kink un peu particulier, aucun souci. Se lancer dans une injection maison parce qu’une vidéo est passée dans son feed, c’est une autre histoire.