Passer tout le mois d’octobre sans orgasme, avec une cage de chasteté autour du pénis : bonne idée ou défi que vous allez regretter dès le 3 octobre ?
Chaque année, le Locktober revient dans les communautés BDSM et autour de la chasteté masculine. Le principe est simple, mais dans la pratique, un mois sous clé réserve quelques surprises. Et pas forcément celles auxquelles vous pensez.
Le nom mélange lock, « verrouiller » en anglais, et October. Traditionnellement, le défi commence donc le 1er octobre avec un objectif : rester chaste jusqu’au 31.
La cage de chasteté est souvent au centre du jeu. Elle empêche ou limite l’érection et la masturbation, tandis que la clé peut rester entre vos mains ou être confiée à votre partenaire, qui devient alors votre keyholder.
Mais il n’existe pas vraiment de règlement officiel du Locktober.
Vous pouvez passer le mois entier en cage, prévoir des moments où vous la retirez ou simplement vous lancer un défi de quelques jours. Certaines personnes vivent Locktober seules, d’autres l’intègrent à une dynamique de domination et de soumission dans leur couple.
Le but n’est donc pas forcément de tenir coûte que coûte pendant 31 jours. C’est surtout une bonne occasion de tester la chasteté autrement qu’au cours d’une soirée.
C’est souvent l’image que l’on retient du Locktober : le cadenas se ferme le 1er octobre et ne se rouvre que le 1er novembre.
Dans la réalité, les pratiquants sont souvent beaucoup plus souples.
Sur Reddit, un participant racontait après son premier Locktober avoir porté sa cage presque continuellement, y compris la nuit. Mais il la retirait tous les quelques jours sous la douche pour la nettoyer correctement et s’était même accordé une après-midi sans cage au milieu du mois.
Ça ne l’a pas empêché de considérer qu’il avait terminé son Locktober.
C’est aussi une façon plus réaliste d’aborder le défi. Retirer sa cage pour se laver, vérifier l’état de sa peau ou simplement parce qu’elle devient inconfortable ne transforme pas automatiquement le mois en échec.
Votre corps passe avant le compteur.
On imagine facilement un mois passé à lutter contre l’envie de se masturber. Mais quand on lit les expériences de personnes ayant tenté Locktober, les difficultés sont parfois beaucoup plus terre à terre.
Dormir avec une cage. Trouver une position confortable. La porter toute une journée sous ses vêtements. La nettoyer correctement. Et même aller aux toilettes.
Le participant évoqué plus haut expliquait d’ailleurs que c’était finalement l’un des aspects les plus contraignants de son mois : selon la position de la cage, uriner pouvait devenir un peu… imprévisible.
Ce sont ces petits détails qui font la différence entre porter une cage pendant deux heures et vouloir l’intégrer à votre quotidien pendant plusieurs jours.
D’où l’intérêt de ne pas attendre le 1er octobre pour essayer votre cage pour la première fois.
Quelques essais avant le début du mois peuvent vous éviter de découvrir un mauvais ajustement au moment où vous aviez prévu de ne plus toucher à la clé.
Commencez simplement :
portez votre cage quelques heures
chez vous. Marchez avec, asseyez-vous, habillez-vous normalement et voyez comment vous vous sentez.
Un autre débutant racontait sur Reddit avoir dû chercher un moment avant de trouver la bonne taille. Les conseils d’autres pratiquants l’avaient finalement aidé à trouver
un modèle qui lui convenait mieux
.
C’est assez représentatif de la chasteté : la première cage choisie n’est pas toujours la bonne.
Le diamètre de l’anneau, la longueur de la cage, son poids ou encore sa matière peuvent changer complètement l’expérience. Plutôt que de chercher directement le modèle le plus contraignant, prenez le temps de regarder les différentes cages de chasteté et accessoires de chasteté et contrôle intime afin de trouver ce qui correspond réellement à votre façon de jouer.
Pour Locktober, le meilleur choix reste celui que vous pourrez porter sans passer votre journée à penser à un pincement ou à un mauvais ajustement.
Là encore, le fantasme du cadenas qui ne s’ouvre jamais mérite d’être un peu relativisé.
Une cage portée régulièrement doit être nettoyée soigneusement, tout comme la peau qu’elle recouvre. Selon le modèle, il est possible d’effectuer une partie du nettoyage sans l’enlever, mais un retrait permet aussi d’accéder aux zones moins faciles à atteindre et d’en profiter pour vérifier qu’il n’y a pas d’irritation.
Pensez également à bien rincer et sécher le matériel avant de le remettre.
Et surveillez surtout vos sensations. Une cage peut se faire sentir, mais elle ne doit pas provoquer une douleur persistante. Si vous constatez un engourdissement, un gonflement inhabituel, une modification importante de la couleur de la peau ou une douleur, retirez-la.
Locktober peut attendre.
Vous pouvez parfaitement participer seul, mais confier la clé à votre partenaire apporte forcément une autre dimension au jeu.
La personne qui porte la cage perd alors une partie du contrôle sur son plaisir. L’autre décide quand elle sera ouverte, dans les limites fixées ensemble.
Et c’est souvent cette attente qui plaît davantage que le simple fait de porter la cage.
Là encore, inutile de copier les règles de quelqu’un d’autre. Vous pouvez décider que la cage sera retirée la nuit, prévoir des pauses pour l’hygiène, autoriser certains jeux ou décider qu’aucun orgasme ne sera permis avant une date précise.
Locktober peut aussi devenir l’occasion d'explorer un peu plus largement le BDSM à deux : bondage, jeux de domination et de soumission, accessoires plus soft… sans forcément tout essayer en même temps. Si vous aimez justement tester de nouvelles choses, les nouveautés BDSM peuvent donner quelques idées pour faire évoluer le jeu au fil du mois.
Mieux vaut surtout en parler avant de commencer : qu’est-ce qui est autorisé ? Quand la cage peut-elle être retirée ? Que se passe-t-il si l’un de vous souhaite arrêter ?
Être keyholder ne signifie pas ignorer un inconfort réel parce que « c’est la règle ». Le contrôle fait partie du jeu uniquement tant que tout le monde a envie de jouer.
Vous retirez la cage. C’est tout.
Le principe du Locktober peut donner envie de compter les jours et de transformer le mois en épreuve d’endurance. Pourtant, vous pouvez très bien découvrir au bout d’une semaine que vous préférez porter une cage seulement pendant quelques jours. Ou uniquement quand votre partenaire garde la clé. Ou que vous n’aimez finalement pas ça du tout.
À l’inverse, le participant Reddit qui avait terminé ses 31 jours expliquait déjà envisager de recommencer plus tard, mais sur des périodes de deux semaines.
C’est peut-être finalement ça, le côté intéressant de Locktober : avoir un prétexte pour tester la chasteté suffisamment longtemps pour comprendre ce qui vous plaît vraiment.
Et si votre cadenas s’ouvre le 17 octobre au lieu du 31, personne ne viendra vous retirer votre diplôme de Locktober.