Vous êtes déjà tombé·e sur un mot lié à la sexualité sans vraiment savoir ce qu’il voulait dire ? La skoliosexualité fait partie de ces notions encore peu connues du grand public, dont la définition mérite d’être clarifiée.
La skoliosexualité désigne une attirance envers les personnes transgenres, non binaires ou dont l'identité de genre ne correspond pas aux catégories traditionnelles homme/femme. Encore relativement peu connu du grand public, ce terme est apparu pour mettre des mots sur certaines expériences d'attirance qui ne se reconnaissent pas forcément dans les orientations sexuelles les plus couramment évoquées.
Alors, pourquoi ce terme existe-t-il ? Et pourquoi fait-il aussi débat ? La LOVE Team fait le point.
Skoliosexualité : de quoi parle-t-on exactement ?
Concrètement, la skoliosexualité est utilisée par certaines personnes pour mettre des mots sur une attirance qu'elles estiment différente des catégories d'orientation sexuelle les plus connues.
Sur le papier, la définition semble assez claire. En pratique, c’est un peu plus flou. Tout le monde n’emploie pas ce mot de la même manière, et tout le monde ne s’y retrouve pas non plus. Pour certaines personnes, il permet de mettre un nom sur une attirance bien précise. Pour d’autres, il ne correspond pas du tout à leur façon de vivre leur désir.
C’est donc un terme à prendre avec nuance : il existe, il est utilisé, mais il ne fait pas consensus.
Pourquoi ce mot existe
Si ce mot est apparu, ce n’est pas pour compliquer les choses à tout prix. C’est surtout parce que certaines personnes ont ressenti le besoin de nommer plus précisément ce qu’elles vivaient.
Les catégories comme hétérosexualité, homosexualité ou bisexualité couvrent déjà beaucoup de réalités, mais elles ne suffisent pas toujours à refléter toute la diversité des attirances. À mesure que les questions de genre ont été davantage mises en lumière, de nouveaux termes ont aussi émergé pour essayer de mieux décrire certains vécus.
La skoliosexualité s’inscrit dans cette logique. Pour les personnes qui utilisent ce mot, il peut servir à mettre de l’ordre dans un ressenti, à mieux se comprendre, ou simplement à trouver une définition qui semble plus juste.
Autrement dit, ce label peut avoir une vraie utilité personnelle, même s’il n’est pas universel.
Pourquoi ce terme fait débat
C’est là que le sujet devient plus sensible. Car si certaines personnes trouvent ce mot utile, d’autres le jugent maladroit, voire problématique.
La principale critique, c’est qu’il peut donner l’impression de désigner une attirance en mettant l’accent sur le fait qu’une personne est trans ou non binaire, plutôt que de la considérer simplement comme une personne à part entière. Pour certain·es, cela peut créer une forme de mise à distance, comme si l’identité de genre devenait l’élément central du désir.
Il y a aussi une autre réserve importante : le risque de fétichisation. Bien sûr, utiliser ce terme ne veut pas automatiquement dire que l’on fétichise qui que ce soit. Mais certaines personnes trans et non binaires se méfient de ce type de label, justement parce qu’il peut parfois être perçu comme réducteur ou objectifiant.
C’est pour cela que la skoliosexualité ne fait pas l’unanimité. Le mot existe, mais il n’est pas neutre. Et selon les vécus, il peut être reçu de manière très différente.
Comment en parler avec nuance
Quand on aborde ce genre de sujet, le plus important est sans doute d’éviter les raccourcis. Il ne s’agit ni de valider le terme sans réflexion, ni de le rejeter d’un bloc.
Parler de skoliosexualité avec nuance, c’est reconnaître qu’un mot peut être utile pour certaines personnes et inconfortable pour d’autres. C’est aussi comprendre qu’en matière de sexualité, les labels ne sont pas toujours figés : ils peuvent aider à se comprendre, mais ils peuvent aussi être discutés, critiqués ou remis en question.
Il faut surtout garder en tête une chose simple : derrière les mots, il y a des personnes, pas des concepts. Une attirance ne devrait jamais transformer quelqu’un en fantasme ambulant, en curiosité, ou en catégorie à part. Le respect reste toujours plus important que l’étiquette.
La skoliosexualité est un terme encore peu connu, qui cherche à nommer une attirance spécifique, mais qui soulève aussi de vraies questions. Pour certain·es, il permet de mieux se définir. Pour d’autres, il pose problème dans la manière dont il peut être perçu.
Au fond, l’intérêt du sujet n’est pas seulement de retenir une nouvelle définition. C’est surtout de comprendre que les mots autour de la sexualité évoluent, se discutent, et ne font pas toujours l’unanimité. Et c’est justement pour cela qu’ils méritent d’être abordés avec un peu de curiosité, beaucoup de nuance, et surtout du respect.