Faire l’amour à 10 000 mètres d’altitude, avec le risque de se faire surprendre à tout moment. Le Mile High Club fait partie de ces fantasmes qui ont presque autant à voir avec l’interdit qu’avec le sexe lui-même.
Sur le papier, l’idée est terriblement excitante. Dans la réalité, entre les toilettes minuscules, les turbulences et les passagers qui attendent derrière la porte, l’expérience peut rapidement perdre un peu de son glamour. Alors, pourquoi continue-t-elle autant à nous faire fantasmer ?
Le Mile High Club désigne tout simplement les personnes ayant déjà eu une relation sexuelle à bord d’un avion en vol.
Son nom vient du « mile » d’altitude, soit environ 1 600 mètres, même si les avions de ligne volent évidemment bien plus haut.
Pas de véritable club donc, ni de carte de membre à récupérer auprès des hôtesses à l’atterrissage. Ce qui entretient surtout sa réputation, c’est son côté transgressif : un lieu inhabituel, très peu d’intimité et la possibilité permanente de se faire surprendre.
Et c’est probablement là que se trouve une bonne partie de son pouvoir érotique.
Imaginez la même scène dans des toilettes identiques posées au milieu de votre salon. Tout de suite, le fantasme perd un peu de son charme.
Ce qui peut rendre le Mile High Club excitant, c’est plutôt tout ce qu’il y a autour : faire quelque chose que l’on n’est pas censé faire, partager un secret avec son ou sa partenaire et ressentir cette petite montée d’adrénaline liée au risque.
En sexologie, la nouveauté et le changement de contexte peuvent justement jouer sur l’excitation. Sortir d’une routine habituelle peut rendre une situation beaucoup plus stimulante, même si l’acte en lui-même ne change pas forcément.
Dans le cas du Mile High Club, on ajoute encore une couche : celle de la transgression.
En clair, votre cerveau peut trouver l’idée particulièrement excitante bien avant que votre corps ait réellement essayé de tenir à deux dans les toilettes d’un Airbus.
C’est là que les témoignages de personnes ayant réellement tenté l’expérience deviennent intéressants.
On pourrait imaginer des récits passionnés à base de coucher de soleil au-dessus des nuages.
En pratique, un commentaire Reddit résume notamment l’expérience par des toilettes trop petites et particulièrement malodorantes.
Et ce n’est finalement pas très étonnant.
Une cabine de toilettes d’avion n’a absolument pas été pensée pour accueillir deux personnes confortablement. Il faut composer avec le manque de place, les vêtements, les mouvements de l’appareil et potentiellement quelqu’un qui frappe à la porte parce qu’il attend depuis dix minutes.
Sans oublier que votre discrétion est probablement beaucoup moins impressionnante que vous ne le pensez.
Des témoignages de passagers montrent justement que certains couples persuadés d’être subtils étaient en réalité parfaitement repérés par les personnes installées autour d’eux.
Pas exactement l’ambiance mystérieuse imaginée au départ.
Le fait d’être dans les airs ne crée évidemment pas une zone sans règles. L’avion reste un espace collectif, dans lequel les autres passagers n’ont pas consenti à assister à une activité sexuelle.
En France, l’article 222-32 du Code pénal sanctionne notamment l'exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public. Un acte sexuel explicite peut être concerné même sans nudité.
À cela peuvent s’ajouter les règles propres à la compagnie aérienne et les consignes de l’équipage.
Autrement dit, la couverture remontée jusqu’au menton en pensant que personne ne remarque rien n’est probablement pas votre meilleure stratégie.
Les toilettes ne constituent pas non plus une garantie absolue : l’équipage reste responsable de ce qui se passe à bord et peut intervenir.
C’est peut-être finalement la meilleure façon de profiter du Mile High Club. En fin de compte, un fantasme n’a aucune obligation d’être reproduit à la lettre pour être excitant.
Vous pouvez très bien utiliser le voyage pour faire monter la tension : parler de ce que vous aimeriez faire une fois arrivés, vous lancer quelques sous-entendus pendant le vol ou décider à l’avance du programme de la soirée.
L’attente peut parfois être beaucoup plus excitante que le passage à l’acte lui-même. C’est aussi une bonne excuse pour glisser quelques accessoires dans votre valise.
Un petit oeuf vibrant télécommandé, par exemple, prend très peu de place dans les bagages. Certains modèles mesurent moins de 7 cm et disposent d’une télécommande sans fil, ce qui en fait surtout un bon candidat pour prolonger le jeu une fois arrivé à destination.
Vous pouvez aussi miser sur un mini stimulateur, un lubrifiant en petit format ou simplement votre toy préféré.
Le Mile High Club peut donc commencer dans l’avion, sans forcément se terminer dans ses toilettes.
Si vous aimez l’idée, gardez-la dans votre liste de fantasmes. Mais entre ce que l’on imagine et ce que racontent ceux qui ont réellement tenté l’expérience, il existe manifestement un léger écart de confort.
Le véritable attrait du Mile High Club se trouve peut-être moins dans le fait de réussir une position improbable à 10 000 mètres d’altitude que dans tout ce qui précède : l’interdit, l’anticipation, le secret partagé et l’envie de sortir de sa routine.
Et après plusieurs heures passées en classe économique, arriver dans une chambre avec un grand lit, une porte qui ferme et personne qui attend derrière pourrait finalement être la partie la plus excitante du voyage.